PIANOS ESTHER

La plus ancienne maison de pianos de Wallonie
Agence Rönisch

 


Pianos de Chine - Pianos made in China


La qualité des pianos d'origine chinoise suscite beaucoup de questions. Deux constatations préliminaires doivent être faites avant d'y répondre. Primo, la Chine est un vaste pays où sont produits aujourd'hui beaucoup de pianos — la majorité des pianos produits dans le monde — tant pour le marché intérieur qu'extérieur. Deucio, les pianos chinois qui arrivent en Europe sont en général d'une qualité acceptable. Mais ce n'est pas toujours le cas, car il y a de mauvais pianos chinois et beaucoup dont le prix est surfait pour diverses raisons dues souvent à l'importateur qui les gratifie d'une marque commerciale à consonance allemande.

Une des plus grandes fabriques de Chine, Pearl River, a produit des dizaines de milliers de pianos, de qualité très variable. Sept ou huit autres fabriques ont sorti chacune, sur la même année, de 12 000 à 45 000 pianos. A leurs suite, une foule de petites usines ou ateliers produit des pièces pour pianos (claviers, meubles, cadres, mécaniques, etc.) et monte également des pianos qui sont vendus çà et là, comme cela se passait en Europe au début du XXème siècle.

Tous les pianos produits en Chine se situent dans la classe des prix bas. Leur qualité peut atteindre pour une partie d'entre eux la catégorie moyenne en présentant pour les meilleurs des caractéristiques de son et de toucher qui en font des pianos très agréables. Ils ne peuvent cependant en aucun cas concurrencer les pianos certifiés de fabrication allemande (ou apparentés ; attention ici aux informations trompeuses : voir notre page Pianos made in Germany) que ce soit sur le plan de la sonorité, du toucher, de la qualité des matériaux, de leur mise en oeuvre et surtout de leur durabilité.

Il y a des marques chinoises d'origine comme Nieer, Hsinghai, Dong Bei, Pearl River, Parrot, Shanghai, etc. qui ne garantissent pas un produit uniforme : ainsi nous avons eu en mains beaucoup de pianos Hsinghai ou Pearl River qui allaient du pire à l'acceptable, mais aussi au correct. Mais le plus souvent, les usines chinoises livrent des pianos sans marque ou avec une marque de l'importateur ou du marchand. Souvent le nom utilisé est celui d'une ancienne marque allemande renommée, voire simplement un nom de consonance allemande, ou sonnant bien, pour entretenir la confusion. S'y ajoutent des mentions du type : design allemand, feutres allemands, sommier Delignit, Endkontrole – contrôle final – in Germany, conçu par un bureau d'ingénieurs en Allemagne (!), voire des mentions made in Germany ou 100% fabriqué en Allemagne, mais n'ayant pas le label certifié made in Germany de l'association des fabricants allemands de pianos... Les marques sont par exemple Wendel und Lung, Steiner, Rittmüller, May de l'ancienne fabrique berlinoise reprise par Schimmel, Zeitter und Winckelman tiré de l'oubli dans le giron de Seiler, Essex pour les distributeurs de Steinway, Eterna ou encore jusqu'en 2008 Euterpe, Feurich, etc. Nous avons récemment répertorié une offre de pianos chinois portant la marque Berden de l'ancienne prestigieuse manufacture bruxelloise du XIXème siècle (autant dire qu'à part les six lettres de Berden, rien – rien du tout – ne relie l'instrument chinois à François Berden, sinon la publicité ! ). Parfois les têtes de marteaux, les chevilles, l'acier des cordes ou encore le bois des sommiers ou des pièces de mécanique sont importés d'Allemagne et la forte mise en évidence de cette origine – qui ne garantit rien sur la mise en oeuvre – accroit l'information trompeuse. Des marques entretiennent volontiers la confusion avec des fabrications existantes ou qui ont existé : les Weber, les Perzina, les Steinmann, les Herrman, les Rippen (d'après 1992)... quand ce n'est pas le prénom qui change ainsi Carl Sternberg, A. Steinberg !

Comment voir clair ?

Le marchand Dupont a acheté ou déposé – pour pas grand'chose (250 €) – une marque qui sonne bien : Gunther ou Herrman, par exemple. Sur les instruments chinois qu'il a importés, il appose par exemple Gunther & Sons. Il les vend 4 000 €.

Un autre marchand, Durand, est plus franc. Ses pianos sélectionnés en Chine ont une parfaite traçabilité : Durand – made in China (telle ville, telle fabrique). Il les vend au prix de 3 500 €. Il vend aussi d'autres pianos fabriqués en Chine d'une qualité supérieure (aux environs de 4 000 à 6 000 €). Ceux-ci sont entièrement contrôlés par une grande marque européenne (par exemple : Hupfeld - made in China - by Rönisch).

Un troisième, Dumas, importe les quasi mêmes pianos et appose une marque déposée. Il offre avec le piano, outre la banquette, une lampe et un métronome aussi chinois et ajoute un rabais de 1 000 €. Car, dit-il, il en vend beaucoup. Il ajoute une remise exceptionnelle de 250 €. Le client saute de joie !

Un quatrième marchand sort le grand jeu : la tradition familiale remonte à la quatrième génération ; les cordes de basse ont un filage spécial (?) ; le mécanisme est High Speed ; le piano est construit dans une usine le long du fleuve Jaune avec un accord exclusif de Joint Venture selon des plans tout ce qu'il y a de plus viennois (Vienne, en Autriche ; d'ailleurs l'ancêtre a connu Mozart...) ; enfin le piano droit a une réelle mécanique à double échappement (!!!) et résiste à tous ... les climats ! Avec ces standards de qualité, comment résister... Le piano est le cousin des deux précédents. Voir la marque défunte Wendl & Lung, ancêtre des Feurich chinois, fabriqués par Hailun !

Il y a aussi cette fabrique renommée et sérieuse qui envoie d'Allemagne vers la Chine ses plans avec des pièces mécaniques, des claviers ou des parties de meubles. De retour, le piano reconstitué portera sinon la mention made in Germany du moins fabriqué 100% en Allemagne.

Un importateur belge de pianos provenant de la fabrique chinoise Pearl River se flatte : ses pianos sont fabriqués dans l'entreprise qui livre la moins bonne marque (Essex) liée à Steinway. Cela mériterait, outre de la considération, quelques centaines d'euros de plus ! Mais aucune garantie, car de la même usine sortent aussi des séries de pianos bas de gamme qu'il n'est pas conseillé d'acquérir.

Les stratégies de vente de pianos chinois varient avec chaque fabricant, chaque importateur, chaque marchand, chaque maison de pianos et gens de métier. Beaucoup de vendeurs ne sont pas libres de leur choix car ils dépendent de leur relation avec leur fournisseur principal. Ainsi, Yamaha. Reste à côté de tout cela des maisons de pianos qui gardent pieds sur terre. Ici les pianos sont choisis, sélectionnés, testés et suivis. La vente se fait en toute clarté sur l'origine, le niveau de qualité, l'attente du client. Le prix est correct et la garantie sérieuse.

L'avenir ? La mondialisation a frappé de plein fouet l'industrie européenne du piano. Des progrès importants ont été faits en Chine, même si l'expérience nous montre que les pianos chinois demandent souvent un entretien plus suivi que les pianos allemands et qu'ils sont aussi souvent plus difficiles et délicats à accorder, ce qui explique que, confiés à des mains inexpertes et trop rapides, ils peuvent hériter d'une mauvaise réputation. Une expérience que nous avons vécue récemment résume bien la situation : un piano à queue de la marque "A" venait d'être livré par la firme X de Liège. Le client avait choisi le modèle sur catalogue et reçu l'instrument livré de l'atelier. Il n'était pas satisfait des interventions réclamées. Nous fûmes amenés à donner notre avis et sollicités pour intervenir. Nous avons découvert un bon piano qui offrait cependant l'ombre de lui-même : l'accord était déficient et pas stabilisé, le piano n'était pas harmonisé ; l'intonation fut faite en fonction de la place que le piano occupait et du désir de l'utilisateur (musique classique de haut niveau) ; la pédale forte était réglée avec trop de jeu, la pédale de gauche n'était pas fonctionnelle (les marteaux continuaient à frapper les trois cordes...) ; le clavier freinait au niveau des mortaises de l'enfoncement et un étouffoir laissait passer des harmoniques... En quelques heures de travail, le piano trouva le bon niveau qu'il aurait dû normalement présenter à la livraison.

Conclusion :

1. Bien se renseigner.
2. Ne pas croire aveuglément ce qui est écrit ou dit.
3. Comparer et ne pas hésiter à poser des questions (il n'y a pas de questions idiotes !)
4. Se méfier de la moindre désinformation et de l'absence de traçabilité (lieu et fabrique d'origine, par exemple).



Retour  Carte du site

© 2004-2017 Pianos Esther - Tous droits réservés.