PIANOS ESTHER

La plus ancienne maison de pianos de Wallonie
Agence Rönisch

 


Manufactures et maisons de pianos à Namur



Dès 1774, le fils de Jean-Joseph Ermel, facteur d'orgues et de pianos carrés à Mons, s'installe pour quelques années à Namur. Il vend sa production de pianos carrés dans les alentours de Namur et dans le Brabant wallon avant de retourner à Mons.

Le piano à Namur va ensuite être honoré par une suite de facteurs, de réparateurs et d'accordeurs de pianos parmi lesquels on peut relever les noms Balthasar, Florence, Frin, Geysen, Hans, Van Lair et d'autres plus confidentiels Destrée, Eloin, Guillaume, Hanquez, Paquet, Simon, Schutte, Stocker, Trussart. Au cours du XXème siècle, la maison de pianos Defoin occupera tout l'espace namurois. Puis vint s'installer à Namur, des proches Ardennes, Joseph Sibret, décédé récemment.




Carte-porcelaine de la manufacture de pianos Joseph Florence, c. 1840.
Collection Carl Esther.



Carte-porcelaine de la fabrique de pianos Joseph Florence, c. 1850.
Collection Carl Esther.


Joseph Florence est le fondateur d'un atelier de fabrication de pianos qui se développera brillament. Associé à Gérard Van Lair en 1834, il produit des pianos plus marqués par leur lustre extérieur que par leur qualité intrinsèque. Van Lair ira s'installer à Liège, place Saint-Jean n°3, où il finira par fabriquer des billards tandis que son gendre Victor Dereusme poursuivra dans les pianos. Joseph Florence, quant à lui, continuera à prospérer à Namur. Il devient Fournisseur de la Cour. Il ouvre une succursale de vente de pianos à Liège, place des Carmes n°7. En 1863, sa fille, Marie-Clémence, épousera le facteur de pianos et d'harmonium Henry-Mathieu Balthasar. C'est le début de la collaboration Balthasar/Florence qui donne naissance vers 1890, après l'absorption de la fabrique Florence, à l'épopée des fabrications Balthasar-Florence qui se développent jusqu'aux années 1920.




Buste de Henri-Mathieu Balthasar-Florence par Désiré HUBAIN (1861 – 1944).
Il se trouve dans le foyer du Théâtre royal de Namur.

La vie d'Henry-Mathieu Balthasar dit Balthasar-Florence (Arlon, 1844 – Paris, 1915) a un contenu assez riche. Il reçoit une formation musicale approfondie au Conservatoire royal de Bruxelles. Il devient maître de chapelle de la Cathédrale de Namur, fonde le Cercle musical de Namur et popularise l'œuvre de Richard Wagner dont il est un ardent propagateur. Il compose également, des opéras, des opérettes, des concertos pour piano et violon, des chants religieux... tombés aujourd'hui dans l'oubli. A ses carrières de compositeur et de chef d'orchestre qui font sa renommée, il ajoute celle de facteur de pianos et d'harmoniums d'art . Il épouse la fille du facteur de pianos Jean-Joseph Florence (Namur, 1838 – 1924) avec qui il collabore. Sa fabrication de pianos ne cessera d'évoluer, recevant plusieurs distinctions aux Expositions universelles de Liège (1905), de Bruxelles (1910), etc. après avoir été membre du jury de l'Exposition de Bruxelles de 1888. Il collabore aussi à des recherches d'acoustique et est honoré de commandes d'appareils d'acoustique pour l'Université de Louvain. Son corps sera inhumé à Namur après la Première Guerre mondiale où une rue porte son nom. Son buste, œuvre du sculpteur Désiré Hubain, se trouve au foyer du Théâtre de Namur.

La maison de pianos Balthasar-Florence jouit d'une belle réputation avec des magasins de vente à Anvers, chez Louis Anthonis qui dirigera plus tard la firme de pianos Gunther, à Malines, à Mons, à Liège (Gérôme, en Féronstrée, n°97) et des représentations à Berlin, à Turin et à Mexico.

La mort du fondateur (Paris, 1915), puis de ses fils Henri et Franz-Joseph Balthasar (Namur, 1919), qui travaillaient dans l'entreprise, fera passer la fabrique, gerée quelques temps par sa fille Maria Amélie, dans les mains d'Achille Geysen qui n'évitera pas sa fermeture en 1926. La marque Balthasar-Florence se retrouvera alors chez le marchand bruxellois Georges Piérard sur des pianos fabriqués par Van Hyfte à Gand...




Piano droit Balthasar-Florence, meuble en chêne massif, c. 1900.
Collection Pianos Esther.


"Sur base du canevas classique de l'instrument, la composition des formes intègre des éléments Renaissance qui vont rapprocher le meuble d'une armoire et d'un cabinet Renaissance. Il est curieux de comparer, sur la seule forme, l'ensemble avec deux meubles d'époque tenus pour être des types : un cabinet flamand en ébène et l'armoire à deux corps des Hospices Civils de Liège. Pieds à patin rectangulaire, proportions, sculpture et ornementation point débordante ou rehaussée… on a ici une influence sinon une imitation."
Extrait du mémoire de ESTHER, Carl, Le meuble de piano (1860-2005), Université de Liège, 2006.




Plaque de cuivre gravée portant la signature d'Henri Balthasar-Florence, c. 1905.
Collection Carl Esther.



Facture de la fabrique de pianos Balthasar-Florence, 1917.
Collection Carl Esther.


Une autre dynastie du piano à Namur associe dès 1837 les noms de Charles Frein (ou Frin), de J. Eloin et de Hanquez. Frin est le premier facteur de pianos belge à prendre un brevet d'invention pour un procédé de barrage métallique pour piano carré. La maison poursuivra ses activités dans le domaine du piano jusqu'à l'aurore du XXème siècle sous la dénomination Frin-Tombelle.




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