PIANOS ESTHER

La plus ancienne maison de pianos de Wallonie
Agence Rönisch

 


Une histoire du piano


L'invention du piano et son évolution vers le piano d'aujourd'hui résultent de facteurs très divers : les progrès de la métallurgie, les relations sociales, les avancées de l'acoustique, les variations de la perception auditive, les désirs des compositeurs, des solistes, des pianistes amateurs, du public et de tant d'autres éléments.

Une histoire véritable du piano ne peut dès lors s'écrire qu'en tenant compte de toutes ces influences. Cela explique que les histoires du piano sont toujours fragmentées, incomplètes et souvent parsemées d'inexactitudes. Le défilé ci-dessous tente de fournir une vue panoramique de l'histoire du piano et de débusquer les fausses idées.



XIème siècle
Des miniatures montrent des monocordes semblables à ceux utilisés dans l'Antiquité comme instruments de démonstration de la théorie musicale.


Joueur de monocorde au XIIIème siècle.

XIème - XIVème siècle
Des textes mentionnent des monocordes avec des cordes surajoutées. Ces manichordions conduiront au clavicymbalum (= cymbalum à touches).


XVème siècle
Le cymbalum à touches conduit :
- au clavicorde (forme rectangulaire) où des petites lames métalliques fixées au bout des touches frappent les cordes.



- à l’épinette et au clavecin (forme en aile d’oiseau préfigurant la forme du piano à queue – qui se dit en allemand : Flügel, aile) où la corde n’est pas frappée mais pincée par une épine comme sur une guitare par le doigt.




Vers 1700
Pantaleon HEBENSTREIT (1669-1750) développe le tympanon proche du cymbalum et des psaltérions (instrument répandu dans l’Antiquité de la Perse à l’Egypte) en ajoutant des maillets maniés à la main. C’est le pantalon (d'après le prénom de Hebenstreit) qui contribua peut-être à l’invention du piano.


Miniature du XVème siècle. La musicienne en bas à droite joue du tympanon.



1709
Bartolomeo CRISTOFORI (Padoue, 1655 - Florence, 1732) est considéré comme l'inventeur du piano. Il l’imagine peut-être déjà à la fin du XVIIème siècle (1698) à Florence, travaillant à la cour du prince Fernandino de Medici. Ce piano primitif portera le nom de Gravicembalo col piano e forte (clavecin avec les nuances douces et fortes) : les sautereaux du clavecin sont remplacés par des marteaux garnis de peau qui frappent les cordes au lieu de les pincer. Le nouvel instrument permet de jouer graduellement du doux au fort en modulant la puissance du son. Mais ce ne sera qu'en 1709, selon des sources de l'époque, que Cristofori réalisera ce qu'on peut considérer comme l'ancêtre lointain du piano moderne.


Mécanique de Bartolomeo Cristofori, 1712.

Quand on appuie sur la touche (1), celle-ci soulève le levier intermédaire (2), lequel, à son tour, soulève l'échappement (3), qui donne l'impulsion au marteau (5, 6), le lance en avant et s'échappe au moment où le marteau va frapper la corde (7). Après quoi, le marteau ne retombe pas directement sur l'échappement, mais sur le ressort (4) de celui-ci, qui maintient le marteau au plus près de la corde. Quand le doigt abandonne la touche, le marteau retombe dans une fourche formée par deux cordonnets de soie (8) (remplacés plus tard par du bois) maintenus par leurs tiges (9). L'étouffoir (10), qu, au repos, s'appuie contre la corde, s'écarte de celle-ci par l'abaissement du levier intermédaire (2) auquel il s'attache, pour reprendre sa place au moment où l'on abandonne la touche. (Extrait de CLOSON, Ernst, Histoire du piano, Editions universitaires - Les Presses de Belgique, Bruxelles, 1944.)



Pianoforte de Bartolomeo Cristofori, 1726.
Un des trois instruments encore existants est visible au Museum für Musikinstrumente der Universität de Leipzig.



1717
Jean MARIUS présente à l’Académie Royale des Sciences (Paris) quatre projets de clavecin à maillets qui peuvent préfigurer les mécanismes primitifs du pianoforte.


1721
Christoph Gottlieb SCHRÖTER (Hohenstein, 1699 - Nordhausen, 1782) présente à la cour de Dresde deux mécanismes pour pianoforte. L'un place le marteau au-dessus, l'autre au-dessous de la corde. Ils sont dépourvus d'étouffoirs.


1723
Jean-Sébastien BACH est nommé cantor à l'église Saint-Thomas de Leipzig, charge qu'il gardera jusqu'à sa mort en 1750.


Eglise Saint-Thomas à Leipzig.




1726
Gottfried SILBERMANN (Kleinbobritzsch, 1683 - Dresde, 1753), facteur d'orgues renommé, développe en Saxe une fabrication industrielle de pianoforte. Frédéric II de Prusse jouera de ces instruments avec passion.


Pianoforte Gottfried Silberman, Freiberg, 1749.
Collection Germanisches Nationalmuseum, Nuremberg.



1741
Publication des Variations Goldberg (Clavier Ubung bestehend in einer ARIA mit verschiedenen Verænderungen vors Clavicimbal mit 2 Manualen) de Jean-Sébastien Bach.


Au cours des XVIIIème et XIXème siècles, les progrès de la métallurgie sont déterminants pour le développement du pianoforte. L’amélioration de la composition de l’acier des cordes et de leur tréfilage va permettre des tractions beaucoup plus fortes, jusqu’à 120/130 kgf aujourd’hui. De même, l’amélioration technique de la fonte des cadres en fer élabore un produit plus stable et plus résistant (25 000 kgf sur un cadre moderne). La mise en œuvre de ces forces était indispensable pour obtenir un son acceptable. On peut dire – ce qu’aucune histoire du piano ne relève clairement – que l’émergence du piano est une conséquence directe des progrès de la métallurgie en Europe.


Hauts fourneaux et usines à Seraing (Liège), c. 1852.



1745
Christian Ernst FRIEDERICI (Meerane, 1709 - Gera, 1780), élève de Gottfried Silbermann, construit un pianoforte pyramidal qui comprend un cordage oblique (visible au Musée des Instruments de Musique à Bruxelles).


Piano pyramidal Christian Ernst Friederici, 1745.
Collection Musées Royaux d'Art et d'Histoire | MIM, Bruxelles.



1747
Jean-Sébastien BACH joue durant son séjour à Postdam sur des pianoforte de Silbermann.


1758
Christian Ernst FRIEDERICI construit le premier pianoforte de forme carrée avec des cordes parallèles au clavier. L’étouffoir actionne des baguettes garnies de drap.


1762
Johannes ZUMPE (Fürth, 1726 - Londres, 1790), qui a été apprenti auprès de Silbermann, construit son premier pianoforte carré en territoire allemand. Puis il développera son activité à Londres associé à Gabriel BUNTEBART. Le plus ancien pianoforte carré Zumpe conservé est daté de 1766.


Pianoforte carré Zumpe, 1767.
Collection Victoria and Albert Museum, Londres.



Mécanique de Zumpe pour le pianoforte carré anglais, 1766.

Dans cette mécanique, l'échappement n'existe pas. L'élément essentiel est le pilote (2), consistant en une tige métallique fixée aux trois quarts environ de la touche et coiffée d'un bourrelet de cuir dit tête de vieillard ; immédiatement au-dessous de cette dernière est une petite pièce de bois qui, elle, agira sur l'étouffoir. Quand on appuie sur la touche (1), celle-ci bascule avec le pilote fixé à son extrémité (2), qui, à son tour, donne l'impulsion au marteau (3) et le lance contre la corde (4). Le pilote soulève en même temps l'étouffoir (5), au moyen d'une bascule en cuivre dont l'extrémité, disposée en arc de cercle, s'écarte de la corde. (Extrait de CLOSON, Ernst, Histoire du piano, Editions universitaires - Les Presses de Belgique, Bruxelles, 1944.)



1768
Johann Christian BACH donne à Londres le premier récital public en Angleterre sur un pianoforte carré Zumpe.


Premier concert avec un pianoforte au Concert spirituel à Paris.


1769
Sur le territoire de la future Belgique, le pianoforte est joué pour la première fois à Liège, alors principauté indépendante, par Jean-Noël HAMAL, directeur de la musique de la principauté.


1770
Johannes MERCKEN (Ubach, 1743 - Paris, 1819) fait des pianoforte carrés à Paris.


Barre d'adresse d'un pianoforte carré Mercken portant l'inscription : Johannes Kilianus Mercken Parisiis | Fecit 1785 | Rue du Chantre près le Louvre.
Collection Cité de la Musique, Paris.



Wolfgang Amadeus MOZART renonce définitivement au clavier à sautereaux (clavecin) pour le pianoforte. Entre 1770 et 1791, MOZART livre une vingtaine de concertos pour piano dont les K. 466, 467, 491 et 503.


1771
John BROADWOOD (Berwickshire, 1732 - Londres, 1812) construit son premier pianoforte carré d'après le modèle de Johannes Zumpe. D'abord employé du facteur de clavecins Burkat SHUDI (1702-1773), il en devient en 1769 le gendre en épousant sa fille Barbara. A côté des clavecins fabriqués par Shudi, l'atelier sort des pianoforte portant le nom de Broadwood. A la mort de son beau-père en 1773, John Broadwood poursuit l'activité de la société.


Emploi de l’abréviation piano pour piano-forte (1771) et piano et forte (1766). Les mots sont tirés de l’expression italienne clavicembalo col piano et forte (clavecin avec doux et fort) exprimant le fait que l’instrument peut jouer graduellement doux ou fort. Pianoforte sort d’usage au début du XIXème siècle pour réapparaître de nouveau après 1960. Piano à queue s’entend dès 1806 et piano droit est attesté à partir de 1828. Le mot pianiste date de 1806, pianoter de 1842 et pianistique de 1895…


1774
Voltaire écrit : "Le piano-forte est un instrument de chaudronnier en comparaison du clavecin".


1776
Pascal-Jospeh TASKIN (Theux / Liège, 1723 - Paris, 1793) est apprenti du facteur de clavecins François-Etienne Blanchet II à Paris. Il prend sa succession lorsqu'il épouse sa veuve en 1766. Il fabrique alors ses premiers pianoforte à partir de 1776. L'un des plus anciens témoins de sa fabrication date de 1788 et est visible à la Cité de la Musique à Paris.


Pascal-Joseph Taskin



 

Pianoforte Pascal Taskin avec un piétement de style Louis XVI, 1788.
Collection Cité de la Musique, Paris.



Mécanique de Pascal-Joseph Taskin, 1787.

Quand on appuie sur la touche (1), celle-ci bascule et soulève l'extrémité du levier intermédaire (2), lequel actionne le pilote (3), qui agit sur le marteau (4) et le lance contre la corde (5). En même temps l'étouffoir (6), fixé obliquement sur la tige du marteau et reposant sur la corde, s'écarte de cette dernière. La touche abandonnée, le marteau retombe par son propre poids et l'étouffoir reprend sa place sur la corde. (Extrait de CLOSON, Ernst, Histoire du piano, Editions universitaires - Les Presses de Belgique, Bruxelles, 1944.)



1777
Johannes-Andreas STEIN (Heidelsheim, 1728 - Augsbourg, 1792) présente ses pianoforte à Mozart. Son principe de mécanique à échappement et étouffoirs sera plus tard appelé mécanique viennoise.


Pianoforte Johannes-Andreas Stein, c. 1780.
Collection Germanisches Nationalmuseum, Nuremberg.



Mécanique Johannes-Andreas Stein, 1786.

La touche (1) se prolonge par une fourche de bois (2) dans laquelle le manche de marteau (3) (celui-ci très léger) bascule librement. L'échappement (4) se trouve à l'extrémité de la touche ; il se meut librement, étant simplement attaché par un parchemin à la partie indépendante de la mécanique. A l'appui du doigt, l'extrémité du manche du marteau rencontre un cran découpé dans l'échappement. Le marteau, ainsi soulevé, frappe la corde (5), puis retombe. Mais l'extrémité du manche du marteau reste appuyée contre l'échappement, au-dessus et en dehors du cran. La touche abandonnée, l'échappement recule, laissant le marteau reprendre sa place dans le cran même de l'échappement. Celui-ci reprend lui-même sa place par l'action d'un ressort (6). L'étouffoir (7) mérite une mention particulière. Il est indépendant de la mécanique, étant actionné par un pilote spécial collé à chaque touche. Son feutre est disposé en forme de triangle renversé (étouffoir en coin). Les cordes étant doubles pour chaque note, la pointe inférieure de ce triangle prénètre entre les deux cordes en les comprimant d'une manière égale. Lorsque l'étouffoir se soulève, il s'écarte des deux cordes à la fois, pour retomber ensuite entre elles par son propre poids. (Extrait de CLOSON, Ernst, Histoire du piano, Editions universitaires - Les Presses de Belgique, Bruxelles, 1944.)



Sébastien ERARD (Strasbourg, 1752 - Paris, 1831) construit son premier pianoforte à Paris. Il est né à Strasbourg en 1752 alors terre allemande.


1780
Joseph MERLIN (Huy, 1735 - Londres, 1803) imagine de combiner les mécaniques du clavecin et du pianoforte. Un instrument de sa main — un clavecin-piano — est visible aujourd'hui au Musée instrumental de Munich.

1783
John BROADWOOD présente à Londres un pianoforte avec une mécanique à lame et une pédale de sustenuto. Les genouillères sont remplacées par de vraies pédales.


Pianoforte John Broadwood and Sons, Londres, 1793.
Collection University of Edinburgh.



1794
Nanette STEIN (Augsbourg, 1769 - Vienne, 1833), fille du facteur d'Augsbourg Johannes-Andreas STEIN, épouse en 1793 Johann Andreas Streicher (Stuttgart, 1761 – Vienne, 1833). A la mort de son père, elle transfère avec son frère Matthäus Andreas STEIN l'activité familiale à Vienne sous la dénomination Frère et Soeur Stein d'Augsbourg à Vienne. En 1802, son frère quitte l'entreprise pour fonder sa propre fabrique de pianos. L'entreprise est alors poursuivie par Nanette Streicher et son époux.




Salle de vente et de concert de la fabrique de pianos Streicher à Vienne, XIXème siècle.



1794
Johann Adolph IBACH (1766-1848) débute sa production à Beyenburg que son fils transférera à Barmen (Wuppertal).


John BROADWOOD, à côté de ses grands pianoforte qui ont la forme d’un clavecin, fabrique des pianoforte carrés avec un clavier étendu à 6 octaves.


1795
Sébastien ERARD (Strasbourg, 1752 - Paris, 1831) invente la mécanique à échappement simple qu'il perfectionnera progressivement pour aboutir à la mécanique à double échappement du piano à queue moderne (1822).


Mécanique à échappement simple de Sébastien Erard, 1795 (perfectionnée en 1816).

Quand on abaisse la touche (1), celle-ci soulève le levier intermédaire (2), qui lui-même donne l'impulsion au marteau en agissant sur son bourrelet (4) et l'envoie contre la corde (7). Aussitôt après, la tête du levier s'échappe de ce bourrelet en glissant dans une rainure qui précède celui-ci. Les dégrés d'éloignement, ou chasse, de la tête du marteau (5) à la corde (7), sont en raison directe de l'enfoncement de la touche. Lorsqu'on laisse la touche se relever progressivement, la tête du marteau s'écarte de la corde, mais progressivement aussi, sa distance restant en raison directe du degré d'enfoncement de la touche. La touche complètement abandonnée, le marteau retombe à sa position de repos après avoir effleuré l'attrape-marteau (6) par une petite pièce en arc-de-cercle fixée au milieu du manche de marteau (3), qui lui sert en quelque sorte de frein. L'étouffoir (8), qui à l'état de repos est maintenu contre la corde par un ressort, quitte celle-ci à l'appel de la touche. (Extrait de CLOSON, Ernst, Histoire du piano, Editions universitaires - Les Presses de Belgique, Bruxelles, 1944.)



1797
Sébastien ERARD construit son premier pianoforte en Angleterre.


Pianoforte Erard Frères, Paris, 1805.
Collection Musées Royaux d'Art et d'Histoire | MIM, Bruxelles.



Naissance de Franz SCHUBERT.


1800
Les premiers pianos droits sont construits quasi simultanément en Angleterre, en Autriche (Mathias MÜLLER, Vienne), en Irlande (Robert Woffington, à Dublin) et aux Etats-Unis (Isaac HAWKINS, Philadelphie).


Portable Grand Pianoforte Hawkins, Philadelphie, 1801.
Collection National Museum of American History, Washington.



 

Pianos droits Mathias Müller, Vienne (à gauche, c. 1810-1815 — à droite, c. 1820).
Collection Germanisches Nationalmuseum, Nuremberg.



Généralisation des claviers aux touches diatoniques blanches en ivoire et aux touches chromatiques noires (dièses) en ébène.


1806
BEETHOVEN compose la sonate Appassionata. Peu avant il compose la sonate pour piano et violon n°7, op. 30 n°2, dédié à l'empereur Alexandre Ier de Russie.


Adagio cantabile de la sonate pour piano et violon n°7.
Yehudi Menuhin dira que les premières mesures de cette partie sont parmi les plus belles.
Il admirait le jeu de George Enesco avec qui il jouait cette sonate.



1807
Ignace PLEYEL (Ruppersthal, 1757 - Paris, 1831) fonde à Paris une manufacture de pianos et de harpes.


Piano carré Ignace Pleyel, 1809.
Ce piano est le plus ancien des instruments de la manufacture Pleyel actuellement répertoriés.
Il porte l'inscription Ignace Pleyel - Boulevard Bonne-Nouvelle, n° [58] - à Paris - 1809.
Collection Cité de la Musique, Paris.



La fabrique de pianos Pleyel. La construction des barrages.
Extrait de l'Illustration du 9 juin 1855, p. 364-365. Collection Carl Esther.



La fabrique de pianos Pleyel. L'atelier des tableurs.
Extrait de l'Illustration du 9 juin 1855, p. 364-365. Collection Carl Esther.



1808
Sébastien ERARD invente l'agrafe.


1809
Fondation de SCHIEDMAYER & SÖHNE à Stuttgart (Allemagne).


La fabrique de pianos Schiedmayer & Söhne à Stuttgart en 1909.
Extrait de EISEMANN, Alexander, Schiedmayer & Soehne – Hof-Pianofortefabrik – Stuttgart –
Vorgeschichte, Gründung und fernere Entwicklung der Firma –
1809 - 1909
, E. Schreiber, Stuttgart, s. d. [c. 1909].
Collection Carl Esther.



1810
La facture des pianos droits, dans tous ses aspects (meuble, mécanisme...), s’inscrit en réel précurseur des pianos droits modernes actuels. Notamment en Angleterre avec Robert WORNUM (Londres, 1780 - Londres, 1852).


 

Pianos droits Robert Wornum, Londres (à gauche, 1828 — à droite, 1851).
Collection University of Edinburgh.




Sébastien ERARD crée le pédalier du piano à queue toujours présent sur les pianos modernes. Le pédalier rend obsolète les genouillères. Un alignement se fait sur deux pédales : la gauche pour l'una corda et la droite pour le forte.


1817
Jean-Henri PAPE (Hanovre, 1789 - Asnières, 1875) ouvre ses ateliers de fabrication de pianos à Paris. La gloire de ce génial facteur de piano n'eut d'égale que celle d'Erard ou de Pleyel. Injustement oublié aujourd'hui, il reste un des inventeurs et découvreurs majeurs de la facture du piano.


Piano carré Jean-Henri Pape, 1836.
Collection Cité de la Musique, Paris.



1818
Fondation de la fabrique de pianos Irmler à Leipzig.


Vue de la fabrique J. G. IRMLER à Leipzig, c. 1892.
Collection Carl Esther.



1820
William ALLEN et James THOM de la firme londonienne William STODART utilisent un assemblage de barres tubulaires de fer et de laiton pour renforcer la structure du pianoforte.


 

Pianoforte William Stodart, c. 1828.
Collection Royal Academy of Music, Londres.



1821
Sébastien ERARD met au point la mécanique à double échappement qui permet la répétition rapide d’une même note. Cette mécanique permet un jeu souple, rapide et varié, autant léger que violent, sans fatigue du mécanisme. La mécanique d'Erard, légèrement améliorée par Henri Herz (1845), également en France, s'est imposée telle quelle et équipe aujourd'hui tous les pianos à queue modernes dont elle est, avec le corps sonore, la partie essentielle.


Mécanique à double échappement de Sébastien Erard, 1822.

Quand on appuie sur la touche (1), celle-ci soulève le levier intermédaire (2) par le truchement de la tige filetée (14) qui règle la course (la chasse) du marteau. Le même levier actionne à la fois le chevalet (3) et l'équerre d'échappement (4). Le chevalet agit sur le bourrelet ou nez du marteau (6) et lance ce dernier contre la corde (15), cependant que l'équerre (4) s'échappe du bourrelet, son ergot (4b) ayant buté contre le bouton d'échappement (5). La touche n'étant pas complètement abandonnée, le marteau, retenu par l'attrape-marteau (8), retombe à quelques millimètres seulement de la corde, ce qui permet une répétition instantanée de la note. Si, au contraire, la touche est complètement abandonnée, le marteau retombe sur sa barre de repos (10). L'étouffoir (16), qui à l'état de repos est maintenu contre la corde par un contrepoids, quitte celle-ci à l'appel de la touche, par le mouvement de bascule du levier intermédiaire (2). Indépendamment de cette action des étouffoirs isolés, l'ensemble de ceux-ci peut être écarté des cordes au moyen d'une pédale dont on aperçoit ici le ressort (17). (Extrait de CLOSON, Ernst, Histoire du piano, Editions universitaires - Les Presses de Belgique, Bruxelles, 1944.)



1822
Sébastien ERARD dépose le brevet d'un barrage métallique au-dessus du plan des cordes "applicable aux pianos de tout genre et de toute forme".

"Cette invention a pour objet de mieux faire tenir le piano d'accord, en modifiant l'effet du chaud et du froid sur les cordes métalliques, ou en diminuant l'influence qu'ont sur ces mêmes cordes le gonflement et le renflement des bois dont l'instrument est composé, variations occasionées par l'humidité et la sécheresse de l'atmosphère ou par toute autre cause. Les moyens employés pour atteindre ce but consistent, en principe, à dégager la charpente de la caisse de l'instrument du tirage des cordes métalliques ; elles n'y sont plus attachées que par un bout, elles sont tendues à l'autre par des barres, plaques ou tubes de cuivre et de fer convenablement adaptés, de manière que les cordes n'éprouvent plus qu'une très légère variation dans leur tension dans le passage du froid au chaud, de l'humide au sec, et vice versa."


Brevet déposé le 10 mai 1822.



1823
Fondation de CHICKERING à Boston (U.S.A.). Jonas Chickering (1798-1853) s'est formé dans les ateliers de Benjamin CREHORE à qui l'on attribue la construction du premier piano en Amérique.


La manufacture de pianos Chickering à Boston.
Cette construction de 1853 était à l'époque le plus grand bâtiment érigé aux Etats-Unis d'Amérique en dehors du Capitole.



1823
Hermann LICHTENTHAL (Silésie, 1795 - Saint-Pétersbourg, 1853) ouvre un atelier de fabrication de pianos à Bruxelles qui se hisse rapidement en tête de la facture bruxelloise. Facteur du Roi Léopold Ier, Lichtenthal subit des revers de fortune qui le conduiront à quitter Bruxelles. A la fin des années 1840, il s'installe à Saint-Pétersbourg où il renoue avec le succès. En 1851, il présente deux pianos à queue à cordes croisées à l'Exposition universelle de Londres.


Piano à niche de chien Lichtenthal, c. 1834.
Collection Musées Royaux d'Art et d'Histoire / MIM, Bruxelles.



1825
PLEYEL & fils ainé dépose le brevet d'un cadre en fer et sommier de pointes en cuivre.


Brevet daté du 17 septembre 1825.



Alpheus BABCOCK (Maine, 1785 - Boston, 1842) dépose le brevet d'un cadre métallique tubulaire d’une seule pièce pour piano carré.


Brevet daté du 17 décembre 1825.

Vue montrant le cadre métallique tubulaire d'un piano carré Babcock, c. 1835.



1826
Jean-Henri PAPE dépose le brevet d'un châssis en fonte de fer qui se trouve sous la table d'harmonie. "Ce châssis (...) sert à résister à la tension des cordes et par sa disposition doit aussi empêcher la détérioration de la table d'harmonie et conserver mieux l'accord du piano."


Dessin d'un piano carré Jean-Henri Pape avec châssis en fonte de fer (lettres E) sous la table d'harmonie,
sommier fondu d'une seule pièce avec ses pointes d'accroches (lettres C) et chevalet de la table d'harmonie
surmonté d'une semelle fondue avec ses pointes (lettres D). Brevet déposé le 20 mars 1826.



Jean-Henri PAPE introduit l’emploi du feutre pour garnir les têtes de marteau en remplacement du cuir et du parchemin. Sa formule contient des poils de lapin, de la bourre de soie, du poil de lièvre et de la plume d'eider. Matériaux qui seront remplacés par après par de la laine de mouton.


  

En haut à gauche, marteau Pape ; à droite, marteau Erard ; en bas, marteaux Abel.
L'invention géniale de Pape a donné lieu à la production de têtes de marteau les plus diverses :
âmes en bois de hêtre, d'acajou, de palissandre ; avec sous-couche ou couches multiples ; imprégnées...



1827
James STEWART, contremaître de la firme Clementi & Collard (Londres), fait breveter le montage en cordes à cheval.


1828
Jean-Henri PAPE dépose le brevet d'un piano console avec un montage en cordes croisées : une manière d'utiliser la longueur vibrante maximum des cordes pour chaque registre.


a, plaque de cuivre dans laquelle sont placées les pointes d'accroche ; b, sommier de chevilles ; c, chevalet.

Brevet déposé le 13 mars 1828.



Vue du montage en cordes croisées d'un piano table Pape, 1842.
Collection Cité de la Musique, Paris.



1829
Guillaume PETZOLD, facteur parisien, fait breveter un châssis complet en fer fondu.


Brevet déposé le 6 juillet 1829.



1831
Jean-Georges KRIEGELSTEIN fonde une fabrique de pianos à Paris qui sera transférée en 1897 à Droittecourt (Oise). Après avoir fabriqué 25 700 pianos, la fabrique ferme ses portes en 1930.


La fabrique de pianos Kriegelstein et Cie à Droittecourt dans l'Oise.
Carte postale, c. 1900. Collection Carl Esther.



1832
Conrad MEYER (Marburg, 1832 - Philadelphie, 1881) invente un cadre métallique coulé d'une seule pièce pour piano carré. Un instrument muni de ce cadre sera présenté à l'exposition annuelle du Franklin Institute de Philadelphie en 1833.


Cadre métallique coulé d'une seule pièce avec pointes d'accroche et trous forés pour le passage des chevilles, 1832.



1833
Pierre ERARD (Paris, 1796 - 1855) modernise le double échappement inventé par son oncle Sébastien ERARD et en dépose le brevet. Le système équipera bientôt les pianos à queue de par le monde.


César FRANCK sort du Conservatoire de Liège. Ses variations symphoniques pour piano et orchestre datent de 1885.


1834
La firme WEBSTER de Birmingham (Angleterre) fabrique des cordes de piano en acier résistant.


La corde de piano en acier résistant fabriquée et tréfilée par Röslau (Allemagne)
depuis 1882 s'est imposée dans le monde.



Les fournisseurs de cordes de pianos ont parfois fait preuve d'imagination
comme ici avec un papier buvard de J. Bol, Bruxelles, années 1950.
Collection Carl Esther.



1835
Heinrich Engelhardt STEINWEG (Wolfshagen, 1797 - New York, 1871) fabrique son premier piano dans un atelier de Seesen dans le Harz (Allemagne). Heinrich STEINWEG part à New York et y fonde en 1853 la fabrique STEINWAY. Christian Friedrich Theodor STEINWEG (Seesen, 1825 - Braunschweig, 1889), un de ses fils, poursuit la production en Allemagne (GROTRIAN-STEINWEG).


1837
Wilhelm KNABE (Creuzburg, 1803 - Baltimore, 1864), émigré d'Allemagne, fonde une fabrique de pianos à Baltimore (U.S.A.). Ses productions concurrenceront aux Etats-Unis celles de Chickering et de Steinway.


1839
Au cours de l'été 1839, sur l'île de Majorque, Frédéric CHOPIN écrit à Fontana, son ancien condisciple du Conservatoire de Varsovie : “Je compose ici une Sonate en si bémol mineur, dans laquelle sera la Marche funèbre que tu connais (...)” Universellement célèbre, elle fut exécutée à l'église de la Madeleine lors des funérailles de Chopin.


Extrait de l'opus 35.



1840
CHICKERING dépose le brevet d’un cadre métallique coulé d’une seule pièce avec pointes d'accroche et gonds de réception de la barre des étouffoirs pour piano carré.


Brevet n°1802, 1840.

Dessin d'un piano carré Chickering avec cadre complet, c. 1840.



1843
CHICKERING dépose le brevet d’un cadre métallique coulé d’une seule pièce pour piano à queue à cordes parallèles.


Brevet n°3238, 1843.



Fondation de la fabrique HÖLLING & SPANGENBERG à Zeitz.


Vue de la fabrique de pianos Hölling und Spangenberg à Zeitz
in Illustrirte Zeitung, n°681, du 19 juillet 1856, p. 48.
Collection Carl Esther.



1844
Jean-Henri PAPE construit le premier piano à queue à huit octaves. Le premier piano conçu par CRISTOFORI en 1698 possède 49 touches, soit 4 octaves. Vers 1775, la tessiture passe à 5 octaves ; à 5 ½ octaves en 1800 ; à 6 octaves vers 1810 et vers 1840 à 7 octaves c-à-d quasi la tessiture actuelle ( 7 1/3 octaves soit 88 notes).


Jean-Louis BOISSELOT (Montpellier, 1782 - Marseille, 1847) invente la pédale tonale.


1845
Le concerto pour piano et orchestre en la majeur, op. 54, de Robert SCHUMANN est joué pour la première fois à Leipzig.


Début du concerto pour piano avec accompagnement d'orchestre de Robert Schumann.



Carl RÖNISCH (Goldberg, 1814 - Dresde, 1893) débute sa production à Dresde qui sera transférée ultérieurement à Leipzig.


Vue de la fabrique de pianos Carl Rönisch à Dresde, c. 1873.
Collection Carl Esther.



Jacques-Nicolas GÜNTHER (Wertheim, 1822 - Bruxelles, 1868) fonde une fabrique de pianos à Bruxelles.


Carte de la manufacture de pianos J. Günther - Bruxelles, c. 1890.



1847
Fondation de GAVEAU – Paris.


La manufacture des pianos Gaveau à Fontenay-sous-Bois, 1899.
Extrait de La vie illustrée - Journal hebdomadaire, 27 avril 1899.
Collection Carl Esther.



Mort de Félix MENDELSSOHN.


Touché par la mort inopinée de son ami, Robert Schumann compose une page en souvenir. En voici les premières mesures.



L'évolution du piano reflète deux grandes tendances :

- recherche d'un son bien fait, homogène, puissant, sécurisé jusqu'à aller vers un timbre uniforme, monochrome bien qu'éclatant dans sa matité.

- recherche d'un son dynamique, avec une attaque moins agressive en privilégiant un prolongement de la sonorité dans un halo coloré d'une grande richesse harmonique qui donne une âme au piano.

Dans le premier cas, la facture mise sur la lourdeur de la structure, la force de tension des cordes, le poids et la rondeur des marteaux, une mise en oeuvre du toucher énergique. L'instrument est rassurant et sonnant. Tandis que dans le second cas, une structure plus légère est privilégiée, avec des marteaux plus pointus, favorisant une grande capacité de vibration au niveau de la table d'harmonie et un toucher plus pétillant. L'instrument est frêle et chantant.

Le piano d'aujourd'hui est à la croisée de ces chemins. Parfois devenu d'une froide et impassible beauté pour avoir éliminé tous les défauts supposés du timbre, on se met à rêver que le piano de concert de demain retrouvera ses inflexions chaleureuses, ses timbres voilés et une âme pour le bonheur des mélomanes.

Devenant un instrument polyvalent, l'évolution aboutira aux grands classiques de la fin du XXème siècle. Le grand piano de concert allie selon les meilleurs fabricants puissance, homogénéité, voire uniformité (Steinway, Yamaha), développe dynamique et richesse harmonique (Bösenforfer, Fazioli), trouve un équilibre dans la retenue et la finesse de l'expression (Bechstein, Grotrian-Steinweg), porte la sensibilité du chant à un haut niveau esthétique (Blüthner) ou encore pour citer les trois grands disparus allie la précision du phrasé tout en conservant ce halo coloré, cette chaleur propre à la facture française (Erard, Pleyel, Gaveau).



   

Exemples de cadres métalliques différents : à gauche, cadre frêle pour Erard (1823) ; au centre , cadre lourd et massif pour Steinway (1875) ; à droite, cadre avec une structure plus légère et plus aérée fabriqué par Pleyel encore en 1891.



1851
Pour la première fois des pianos fabriqués aux Etats-Unis d'Amérique traversent l'atlantique et sont présentés à la Great Exhibition of the Works of Industry of all Nations de Londres 1851, la première des expositions universelles. Il s'agit entre autres d'un piano à queue et d'un grand piano carré avec cadre métallique d'une seule pièce à cordes croisées de Chickering (Boston).


 

Le piano à queue Chickering exposé dans le Crystal Palace à Londres en 1851.



1853
Création de La Traviata de VERDI à La Fenice de Venise.


Carl BECHSTEIN (Gotha, 1826 - Berlin, 1900), après avoir travaillé chez PAPE et KRIEGELSTEIN à Paris, installe sa fabrique de pianos à Berlin.


La fabrique Carl Bechstein sur la Johannisstraße, 5 et 7, c. 1872.
Extrait de Klavierwelten Faszination eines Instruments, 2003.
Collection Carl Esther.



Julius BLÜTHNER (Falkenhain, 1824 - Leipzig 1910) débute sa production de pianos à Leipzig.


La fabrique de pianos Julius Blüthner à Leipzig.
Extrait de de l'Illustrirte Zeitung, n° 1459, du 17 juin 1871, p. 431.
Collection Carl Esther.



Plaque de cuivre repoussé décorant le couvercle supérieur du piano droit Blüthner n°14841 (1876).
On y remarque à la fois les médailles obtenues à l'occasion du centième anniversaire de la déclaration d'indépendance des Etats-Unis d'Amérique,
de l'Exposition universelle de Paris (1867) avec en revers l'effigie de Napoléon III, empereur
et de l'Exposition universelle de Vienne (1873) avec en revers l'effigie de l'empereur François-Joseph d'Autriche.
Collection Carl Esther.



Fondation de la firme STEINWAY & SONS à New York par Heinrich Engelhardt STEINWEG (Wolfshagen, 1797 - New York, 1871). En 1880, Steinway ouvre une deuxième usine à Hambourg (Allemagne) pour le marché européen.


 
A gauche, atelier de sciage et de rabotage ; à droite, atelier de finition de la manufacture de pianos Steinway & Sons, sur la 53ème rue, à New York.
Extrait de Frank Leslie's Illustrated Newspaper, 28 mai 1864.
Collection Carl Esther.


1855
Exposition universelle de Paris 1855 : plus de 200 pianos y sont présentés.


Vue de l'Exposition universelle de Paris de 1855 aux Champs Elysées.



Moritz POEHLMANN ouvre à Nuremberg une fabrique de cordes de piano en acier résistant.


1858
Ernst KAPS ouvre un atelier de fabrication de pianos à Dresde.



En-tête de facture de la fabrique de pianos Ernst Kaps, 1902.
Collection Carl Esther.


1859
Charles DARWIN publie L'origine des espèces.

August FÖRSTER (Oberseifersdorf, 1829 - Löbau, 1897) ouvre un premier atelier à Löbau en Saxe (Allemagne) et s’étend en 1884 à Georgswalde en Bohème, devenue Jirikov (Tchéquie).


Arrivée d'une bille de chêne à la fabrique de pianos August Förster à Löbau.



Henry STEINWAY fait breveter un cadre métallique d'une seule pièce avec cordes croisées, barre de renforcement et agrafes pour piano carré (à comparer avec le brevet déposé par Chickering en 1840). Il fait aussi breveter la même année un cadre métallique d'une seule pièce avec cordes croisées pour piano à queue (à comparer avec le brevet déposé par Chickering en 1843 pour un cadre métallique à cordes parallèles et à celui déposé par Jean-Henri Pape en 1833 pour le croisement des cordes).


Brevet n°26300, 1859.


Brevet n°26532, 1859.



La production aux Etats-Unis est importante avec notamment Chickering, Knabe, Emerson, Hallet & Davis, George Steck, Haines Brothers, Weber, Deckers Brothers et Steinway.


 

Extrait du catalogue Schomaker & Co. - Manufacturers of Grand, Square and Upright Piano fortes, Philadelphia, 1875.



1865
Ernst KAPS (Döbeln, 1826 - Dresde, 1887) réduit le piano à queue à 1m 35.


1866
Carl RÖNISCH (Goldberg, 1814 - Dresde, 1893) développe le premier cadre en fonte blindé complet à cinq brides qui est le cadre de référence utilisé aujourd’hui dans la fabrication des pianos à queue.


Vue mettant en évidence le cadre en fonte d'un piano à queue Carl Rönisch anno 2016.



1867
Exposition universelle de Paris 1867 : 338 pianos y sont présentés (76 pianos à queue, 252 pianos droits ou obliques et 10 pianos carrés).


Vue du palais de l'Exposition universelle de 1867 sur le Champs-de-Mars à Paris.
Collection Musée Carnavalet, Paris.



1873
Le système Aliquot est breveté par BLÜTHNER. Ce système enrichit le son dans le registre aigu par une quatrième corde qui n'est pas frappée par le marteau mais vibre par sympathie.


1874
Hermann Franz FLEMMING fonde à Leipzig une fabrique de mécaniques de pianos droits et à queue.


En-tête de facture, c. 1900.
Collection Carl Esther.



1876
Hermann KLUGE fonde à Barmen une fabrique de claviers pour pianos.


Encart publicitaire, 1930.



1878
Exposition universelle de Paris 1878. C'est par le premier piano — made in Japan — que l'Empire du Soleil Levant y annonce son entrée dans le cercle des nations industrielles.


Panorama de l'Exposition universelle de Paris, 1878.



1882
Louis RENNER fonde à son tour à Stuttgart une fabrique de mécaniques de pianos droits et à queue.


Extrait de Zwischen Taste und Ton — Eine Gedenkschrift zum 50 jährigen bestehen der Firma Louis Renner —
Flügel- und Pianomechanik-Fabrik — Hammerkopf-Fabrik — Stuttgart — 1882-1932
.
Collection Carl Esther.



1884
Fondation de ZIMMERMANN à Mölkau près de Leipzig.


Les fabriques de Zimmermann : à Eilenburg (1904), à Dresden-Cotta, et à Seifhennersdorf (1911).
Papier calque publicitaire, vers 1925.
Collection Carl Esther.


1885
Fondation de SCHIMMEL à Leipzig.


En-tête de lettre, 1930.
Collection Carl Esther.


1887
La fin du XIXème siècle voit l'industrie du piano atteindre un de ses plus hauts degrés de perfection. BLÜTHNER à Leipzig est l'exemple d'une fabrication de haut vol totalement maîtrisée. Toutes les parties du piano sont prises en charge par la fabrique. Datant de 1887, des gravures des ateliers de fabrication illustrent avec bonheur cette apogée. Pour voir la suite de ces gravures : cliquez ici.


Salle des tableurs de la manufacture de pianos Julius Blüthner.
Extrait de l'Illustrirte Zeitung, n° 2287, du 30 avril 1887, p. 459-463.
Collection Carl Esther.



Salle de la finition du polissage des couvercles des pianos à queue, effectué au tampon et à la gomme laque.
Extrait de l'Illustrirte Zeitung, n° 2287, du 30 avril 1887, p. 459-463.
Collection Carl Esther.



1889
Fin de la production des pianos carrés déjà presque complètement remplacés par les pianos droits vers 1860 en Europe. C'est en 1889 que STEINWAY fabrique son dernier piano carré à New York...


Piano table Steinway.
Extrait du prix courant Steinway & Sons Pianofortes, 1888.
Collection Carl Esther.


1890
Claude DEBUSSY compose la Suite Bergamasque qui comprend Clair de Lune.


1892
La dernière période du XIXème siècle voit la création de beaucoup de petites fabriques de pianos. Il en va par exemple ainsi de l'usine DE HEUG à Marcinelle.


La fabrique de pianos De Heug à Marcinelle.
Carte postale, c. 1920. Collection Carl Esther.


1895
PLEYEL fabrique un piano-double de concert à 2 claviers en vis-à-vis de 2m 45.


Extrait d'une publicité tirée du supplément musical de L'Illustration, numéro de Noël, du 25 décembre 1897.
Collection Carl Esther.


1900
L’Allemagne possède plus de 435 fabriques de pianos. Les manufactures sont en plein développement. A cette époque, des pianos exceptionnels sortent des grandes fabriques. Aucune restriction ne limite le but fixé, à savoir atteindre la plus grande qualité. Ainsi ce modèle de Julius Blüthner : cliquez ici pour en savoir plus sur ce piano.


Piano droit Blüthner n°95859 (anno 1910).
Photo collection Carl Esther.



Exposition universelle de Paris 1900


Vue panoramique de l'Exposition universelle de Paris, 1900.



Les meubles de pianos s'imprègnent du style Art nouveau. En voici deux beaux exemples :


 

A gauche : piano à queue Pleyel, en bois de padouk, dessiné par l'architecte et décorateur liégeois Gustave Serrurier Bovy, orné de sculptures d'Oscar Berchmans et de peintures d'Emile Berchmans, 1901 (Visible dans les Collections du Grand Curtius à Liège). A droite : piano droit Pleyel commandé spécialement par Samuel Bing pour être exposé dans le pavillon L'Art Nouveau à l'Exposition universelle de Paris, 1900 (Collection Pianos Esther).



1908
L'American Piano Company (Ampico) est constituée de la fusion de Wm. Knabe & Co. de Baltimore, de Chickering & Sons de Boston et de Foster-Armstrong Piano Company, Haines Brothers, Marshall & Wendell de Rochester (New York). Ampico est un des plus importants facteurs de pianos automatiques aux Etats-Unis d'Amérique avec The Aeolian Company (Duo-Art) et le germano-américain Welte Mignon.


 

Le Chickering Hall (Ampico), 27-29 West 57th Street, New York. Au sommet de l'édifice, on remarque la reproduction de la croix de la Légion d'honneur accordée à M. Chickering à l'occasion de l'Exposition universelle de Paris 1867. Le bâtiment, de style Art déco, construit en 1924, a été démoli en 2015.
Photographies, 1925. - Collection Museum City of the New York.



Pièces pour piano op. 19 d'Arnold SCHÖNBERG, une de ses toutes premières œuvres atonales.


1910
Exposition universelle de Bruxelles : la fabrique Ludwig HUPFELD de Leipzig y présente sa vaste production. Tout comme la manufacture de pianos Julius Blüthner, elle est honorée d'un Grand Prix.


Vue du hall d'exposition de la fabrique Ludwig Hupfeld A. G. à l'Exposition universelle de Bruxelles 1910.



Réclame de la fabrique Julius Blüthner avec la mention du Grand Prix obtenu à l'Exposition universelle de Bruxelles 1910.



Les années 1910-1920 voient l'expansion des pianos mécaniques à rouleau. Ludwig HUPFELD (Marberzell, 1864 - Leipzig, 1949) développe l’impressionnante fabrique de Böhlitz-Ehrenberg près de Leipzig.




Vues de la fabrique de Ludwig Hupfeld A. G. à Leipzig, c. 1905.



1913
La première du Sacre du printemps de STRAVINSKY a lieu à Paris au Théâtre des Champs-Elysées avec les Ballets russes de DIAGHILEV. Vaslav NIJINSKY en est le danseur virtuose.

1922
GAVEAU ouvre une succursale à Bruxelles rue Royale n°43 et 45.


Extrait du catalogue Gaveau - Paris, 1924.
Collection Carl Esther.



1924
George GERSCHWIN compose la Rhapsody in Blue.


1925
L'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes va faire date. Très différente des expositions organisées jusqu'alors, elle oblige les exposants, non pas d'accumuler dans des stands une production hétérogène, mais a contrario de présenter des ensembles conçus en fonction d'un tout bien défini. Gaveau, Erard et Pleyel prennent magistralement part à cette orientation esthétique. Des instruments, dont le meuble a été dessiné par des architectes décorateurs renommés, prennent place dans des ensembles de style différent.


 

Pianos droits Gaveau (Louis Sognot | Hall d'entrée du pavillon Primavera), Pleyel (René Herbst | Magasin Pleyel sur le pont Alexandre III)
et Erard (Jacques-Emile Ruhlmann | Bureau-bibliothèque de l'Ambassade française) présentés à l'Exposition des Arts décoratifs et industriels de Paris, 1925.



1926
Centième anniversaire de la fondation du Conservatoire royal de Musique de Liège.


Salle des fêtes du Conservatoire où trône un grand queue de concert Pleyel, 1926.
La salle abrite aujourd'hui l'Orchestre Philharmonique Royal de Liège (OPRL).



Bechstein installe son nouveau magasin d'exposition dans la Haus am Zoo sur la Budapester Straße en face de la Kaiser-Wilhelm Gedächtniskirche à Berlin.


Devanture du magasin Bechstein sur la place de la Kaiser-Wilhelm Gedächtniskirche à Berlin.
Extrait de Das Bechstein Bilderbuch - 1853-1928 - 75 Jahre Bechstein, 1928.
Collection Carl Esther.



1929
Pierre LEGRAIN dessine pour la manufacture Pleyel un piano dont le meuble combine le cuivre doré et le verre. Ce piano, doté d'un mécanisme automatique à rouleaux Pleyela, habita l'hôtel particulier de l'avenue Montaigne de Pierre Meyer et fut présenté en 1929 à l'Exposition Les Cinq à la Galerie La Renaissance.


Pleyela dessiné par Pierre Legrain, 1929.
Extrait de Art et Décoration - Revue mensuelle d'Art Moderne - avril 1929.
Collection Carl Esther.



1930
L’âge d’or de la facture du piano atteint la perfection.


Fabriques et bâtiments administratifs du groupe Hupfeld-Rönisch-Zimmermann. 2300 personnes y travaillent et plus de 200000 instruments y ont été fabriqués en 1930.
Trois logotypes : en haut, Carl Rönisch à Dresde | en bas à gauche, Gebr. Zimmermann à Seifhennersdorf (Leipzig) | en bas à droite, Hupfeld à Böhlitz-Ehrenberg (Leipzig).
Carte postale, 1930 - Collection Carl Esther.



1931
Première du Concerto pour la main gauche de Maurice RAVEL.

1932
Fabrication du piano électrocorde par August Förster. Le numéro 75500 fabriqué en 1938 est visible au Musée instrumental de Munich.


Electrocorde August Förster.



1936
BLÜTHNER fabrique un piano à queue particulièrement léger avec du duralumin et du parchemin de porc : il s'envolera avec le zeppelin Hindenburg et le premier concert en direct à partir du ciel sera retransmis par 63 stations de radiodiffusion.


Le piano à queue Blüthner embarqué dans le Zeppelin Hindenburg en 1936.
L'utilisation de duralumin et de parchemin de porc lui assurait un poids particulièrement léger (162 kg)
Carte publicitaire. Collection Carl Esther.



1937
Le Concours Reine Elisabeth trouve son origine avec le Concours Eugène Ysaÿe. Le nom du célèbre violoniste liégeois disparaîtra ... comme les photos des premiers concours de piano où l'on ne joue pas sur Steinway. Placement de produit et monopole oblige... Avec le nouveau propriétaire de Steinway, le fond spéculatif Paulson & Co., le concours s'appellera-t-il bientôt Concours Steinway R. E. ?


La manufacture de pianos Hautrive de Bruxelles était le fournisseur de la Fondation Musicale Reine Elisabeth.
Décalcomanie apposée sur la table d'harmonie d'un piano à queue Hautrive (1942).
Photo collection Pianos Esther.



PLEYEL présente à l'Exposition internationale de Paris un piano monopode construit sur les dessins de Paul Follot.


Piano monopode construit par Pleyel sur les dessins de Paul Follot. Il fut créé pour le paquebot Normandie.
Extrait du catalogue Pleyel, Paris, 1938.
Collection Carl Esther



1950
En Estonie, création de la TALLINA KLAVERIVABRIKU, qui fabrique des pianos à queue sous la marque ESTONIA. C'est à la suite du cadeau d'un piano à queue (assemblé par Ernst Hiis) fait à Joseph Staline à l'occasion de son 70ème anniversaire par la République d'Estonie, alors partie intégrante de l'U.R.S.S., que celui-ci donne l'ordre de fonder la fabrique de Tallinn qui a pour mission de fournir l'U.R.S.S. en pianos à queue ESTONIA.


Les pianos à queue Estonia commencèrent à être assemblés en 1950 suite à l'ordre de Joseph Staline.



1951
SCHIMMEL présente en 1951 un prototype de piano à queue transparent en plexiglas. Cette première mondiale ne tient curieusement pas compte du piano en verre et cuivre de Pierre Legrain (Pleyel, 1929). Ce prototype fut à la base du célèbre piano à queue Schimmel en plexiglas qui eut une longue carrière et est toujours au catalogue de la maison de Braunschweig.


Piano quart-queue Schimmel en Plexiglas, 1951.
Extrait de GOEBEL, Josef, Grundzüge des modernen Klavierbaues, Fachbuchverlag GmbH Leipzig, 1952.
Collection Carl Esther.



1958
Le 17 avril 1958, la dernière exposition universelle et internationale organisée par la Belgique est inaugurée sur le site du Heysel à Bruxelles.


Piano à queue Bösendorfer présenté à l'Exposition universelle et internationale de Bruxelles, 1958.
Collection Kunsthistorisches Museum, Vienne.



1960-1990
Développement des fabrications japonaises YAMAHA, KAWAI, TOYO... (un piano carré japonais était présent à l’Exposition universelle de Paris, 1878), coréennes et chinoises qui se déversent sur le marché européen. L'uniformité et le "manque d'âme" d'une partie de ces productions posent problème encore aujourd'hui...


1970
La faillite de la société qui chapeautait les marques de pianos ERARD, GAVEAU et PLEYEL entraîne la fin de la facture française du piano. Elle reprendra avec beaucoup d'aléas à Alès (Provence) avec la marque RAMEAU (1975). Vers 2000, un milliardaire français achète la marque PLEYEL et l’usine d’Alès en difficulté. Celle-ci fermera ses portes quelques années plus tard. Une nouvelle production est alors mise en route en Seine-Saint-Denis : on regrettera que bien que n'ayant aucun lien avec l'ancienne production Pleyel, qui a fermé ses portes depuis plus de trente ans, la publicité fait une référence directe à la longue tradition de Pleyel. Malheureusement, l'année 2013 verra la cessation complète de cette fausse renaissance.


1989
Suite à la réunification allemande, le plus grand producteur européen de pianos DEUTSCHE PIANO UNION (Leipzig) est démantelé.


1990
Les mesures de protection des éléphants africains sonnent la fin définitive des claviers recouverts d’ivoire.


Découpe d'une défense d'éléphant - XIXème siècle.
Extrait de DE FOURCAUD, L., POUGIN, Arthur et PRADEL, Léon, Pleyel, Wolff & Cie. 1807-1893 , Librairies-imprimeries réunies, Paris, 1893.
Collection Carl Esther.


1999
Le groupe Bechstein quitte Berlin pour s'installer en Saxe à Seifhennersdorf dans l'usine Zimmermann qu'il a acquise en 1991. De gros investissements sont faits dans ce lieu historique de fabrication de pianos. Bechstein retrouve ainsi la source saxonne de Carl Bechstein, le fondateur.


2000
Il se fabrique plus de pianos en une seule année dans le monde qu'au cours de tout le XIXème siècle.


2013
En grande difficulté financière, STEINWAY Musical Instrument Inc. est la proie du fond américain Paulson & Co. qualifié de fond financier vautour (cf. Le Monde, La Libre Belgique). La société est sortie de la bourse de New York. Depuis lors, c'est le silence. Un marketing encore plus agressif s'ensuit : accroissement d'une politique de monopole, storytelling, placement de produit. Tout est bon pour accroître la valeur financière de l'entreprise qui sera sans doute vendue par appartement par le fond Paulson & Co. lorsque cela lui apportera la plus value attendue.


Steinway est sorti de la bourse de New York.
Le fond Paulson & Co. devenant le seul propriétaire de l'ensemble Steinway, cela permet de limiter l'information.



2014
BLÜTHNER sort de sa fabrique le plus grand piano droit du monde. D'une hauteur de 145,6 cm et d'un poids de 320 kg. Vrai curiosité, ce modèle est un aboutissement et une apothéose technologique pour la célèbre firme allemande Blüthner à laquelle la manufacture de pianos Carl Rönisch est associée depuis une dizaine d'années. Cet instrument du meilleur niveau est notamment particulièrement indiqué pour les fosses d'orchestre.

Piano droit Blüthner, modèle S.






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